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Faridatou Gbadamassi

Lutteuse internationale béninoise et médaillée d’argent dans la catégorie des 63 kg lors du tournoi pré-jeux de la Francophonie organisé à Abidjan

 « Vos encouragements me suffisent pour hisser plus haut

 le drapeau béninois lors de chaque compétition »

Faridatou Gbadamassi

 

Faridatou Gbadamassi !!! Voilà un nom peu connu dans le milieu sportif béninois. Et pourtant, cette béninoise résidant en Côte d’Ivoire est une pratiquante de la lutte féminine qui a été révélée au Bénin sportif en octobre 2016 par Fernando Hessou, actuel Secrétaire général du Comité national Olympique et sportif béninois en marge du stage des entraîneurs de niveau. Plusieurs fois championne du Côte d’Ivoire elle a offert au Bénin sa 1ère médaille d’or en décembre 2016 suivi d’une médaille d’argent en janvier 2017 dans la catégorie des 63 kg lors du tournoi pré-jeux de la Francophonie organisé à Abidjan. Distinguée lors de la 1ère soirée de Gala organisée par le Ministre des sports Oswald Homeky, elle a bien voulu se confier à Jipsports.com à la fin de son second séjour au Bénin. Dans cette interview exclusive, elle nous parle de son parcours dans sa discipline de passion qu’est la lutte, de ses ambitions et de ses prochaines compétitions. Enfin, notre rédaction vous en amène à la découverte de notre championne qui est également titulaire d’un diplôme d’entraîneur de niveau 1 en lutte olympique. Lisez plutôt…

 

Bonjour mademoiselle Faridatou Gbadamassi, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui vous découvrent ?

Je m’appelle Abikè Faridatou Gbadamassi. Je suis athlète lutteuse béninoise, catégorie moins de 63 kg, résidant à Abidjan. J’ai à mon actif plusieurs titres de championne de Côte d’Ivoire dont le premier, qui  remonte à 1999 en moins de 40 kg face à un garçon. Je suis également aide-soignante de formation et je travaille actuellement dans une clinique privée d’Abidjan.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir de pratiquer la lutte ?

J’ai commencé la lutte toute petite, à l’âge de sept ans. Je n’ai pas choisi moi-même de pratiquer la lutte comme discipline sportive. C’est mon père qui m’a inscrit dans un club de lutte, dès le bas âge. Mes premiers pas dans la lutte étaient un peu difficiles. Car, j’étais la seule fille à pratiquer cette discipline dans un groupe de garçons. Même lors des compétitions, je n’affrontais que ces derniers. Mais au fur et à mesure que je m’entrainais, j’ai pris gout à cela. J’ai commencé à aimer la lutte jusqu’à atteindre ce niveau de pratique. Aujourd’hui, je me sens très bien et je suis à l’aise dans ma peau. Ma force, ma combativité, mon endurance proviennent de ces années d’entrainement aux côtés des hommes.

 

A cette époque, comment a réagi votre entourage en vous voyant pratiquer une discipline « réservée » aux hommes ?

Beaucoup de personnes voulaient savoir pourquoi j’ai choisi la lutte, une discipline « réservée aux hommes », et non une autre discipline. Et je leur répondais : « c’est mon père qui m’a inscrite dans un club de lutte ».

 

Quelle discipline auriez-vous choisir si votre père vous avait donné la possibilité ?

Si je devrais choisir moi-même une discipline sportive autre que la lutte, j’aurais opté pour le taekwondo.

 

Pourquoi…

J’aime le sport de combat. Là où il y a d’engagement physique.

 

Quel est le secret de votre réussite dans la lutte ?

Je n’ai pas de secret particulier. C’est le travail, seul le travail.

 

Vous êtes médaillée d’argent dans la catégorie des 63 kg lors du tournoi pré-jeux de la Francophonie organisé à Abidjan. Parlez-nous brièvement de votre prestation dans cette compétition ?

J’ai remporté la médaille d’argent lors du tournoi pré-jeux de la francophonie à Abidjan, en janvier dernier. J’ai perdu la finale contre une congolaise. J’ai été surclassée lors de cette compétition parce qu’il n’y avait pas ma catégorie. A l’entame de la compétition, j’étais beaucoup stressée. Mais tout a commencé à aller bien après le premier combat. C’était ma première sortie internationale avec l’équipe nationale du Bénin.

 

Avant d’atterrir au Bénin, votre pays natal, vous étiez à Abidjan. Dites-nous comment s’est déroulé votre contact avec la fédération béninoise de lutte ?

Cela s’est fait grâce à mon entraîneur Prudence Houndékoun. C’est lui qui m’a mis en contact avec monsieur Fernando Hessou, le secrétaire général de la fédération béninoise de lutte. Et je suis fière de défendre les couleurs de mon pays d’origine et d’hisser le drapeau béninois plus haut lors des compétitions. En octobre 2016, vous avez obtenu un diplôme d’entraîneur de niveau 1 de lutte olympique à l’issue d’un stage organisé par la fédération béninoise sous l’égide de la solidarité olympique. Dites-nous pourquoi avoir choisi d’entraîner. Vous préparez déjà votre reconversion. Je comptabilise déjà 20 ans de pratique de la lutte. J’ai acquis beaucoup d’expérience pour être un entraîneur. C’est ce qui justifie ma participation à ce stage de formation, à Cotonou.

 

Faridatou Gbadamassi

avec son entraîneur Prudence Houndékon

 

Revenons à la sélection nationale de lutte du Bénin, vous allez représenter le Bénin au prochain championnat d’Afrique, à Marrakech du 26 au 30 avril 2017. Comment vous préparez cette compétition ? 

Le championnat d’Afrique de lutte de Marrakech, je le prépare bien avec mon entraîneur.

 

Que promettez-vous au public sportif béninois ?

Je promets au peuple béninois de revenir au pays avec la médaille d’or.

 

Vous avez certainement de soutiens pour votre préparation à cette compétition.

Rien. Seuls mes parents m’accompagnent.  Ce sont eux qui m’encouragent avec mon entraîneur.

 

En dehors du championnat d’Afrique 2017, que prévoit votre calendrier pour la suite de la saison ?

Je vais prendre part aux jeux de la francophonie du 20 au 30 juillet à Abidjan.

 

Selon votre entraîneur, le maintien de son poids au niveau de sa catégorie est le premier combat de l’athlète. Alors, comment vous procédez pour maintenir votre forme physique ?

Je n’ai pas de méthode particulière. Chaque matin au réveil, je démarre ma journée par un réveil musculaire et de footing.

 

Connaissez-vous d’autres béninois lutteurs, évoluant en Côte d’Ivoire ?

Non. Je suis la seule avec mon entraîneur. Avant d’être entraîneur, il était aussi un athlète béninois.

 

Vous êtes née à Abidjan où vous avez fait toute votre classe dans la lutte.  Avez-vous été contacté par les dirigeants de la fédération ivoirienne pour évoluer avec les Éléphants ?

Au début je travaillais avec la Cote d’Ivoire et rien n’avançait. Mais plus tard, j’ai refusé à plusieurs reprises les appels des dirigeants ivoiriens pour défendre les couleurs de la Cote d’Ivoire. Et quand les responsables de la fédération béninoise de lutte m’ont contacté par le biais de Fernando Hessou, je n’ai pas hésité. J’ai décidé de revenir défendre le drapeau de mon pays d’origine. Et j’en suis très fière.

 

Vous nourrissez certainement des rêves ou des ambitions…

En dehors de la participation au championnat d’Afrique à Marrakech et aux jeux de la francophonie, je rêve de participer aux Jeux olympiques de 2020, comme tout sportif. Je vais donc redoubler l’effort, travailler encore plus pour gagner mon billet pour prendre part aux JO Tokyo 2020. Et grâce à Allah, qu’on puisse dire un jour : une athlète originaire de Sakété a remporté pour le compte du Bénin sa première médaille d’or aux Jeux Olympiques. Cela me tient très à cœur.

 

Depuis votre prise de contact avec la fédération béninoise de lutte, c’est la deuxième fois que vous rentrez au bercail. Mais la première, en octobre 2016 fut très spéciale. Racontez-nous un peu ce qui a rendu ce retour aux sources si particulier.

Je foulais non seulement pour la première fois le sol de mon pays d’origine, le Bénin, mais aussi et surtout c’était l’occasion des retrouvailles avec votre mère. J’étais très émue, très contente. J’ai eu beaucoup d’émotions quand j’ai vu ma mère pour la première fois. Et tout ceci, c’est grâce à monsieur Fernando Hessou.

 

Certains de vos proches estiment que vous vous énervez très vite et pour un rien du tout…

Pas pour un rien. Ça dépend de ce qu’ils me font pour que je m’énerve.

 

Vous avez sûrement un appel à lancer aux décideurs du sport béninois ?

Je tiens à remercier les dirigeants pour tout ce qu’ils font pour le sport béninois en général et surtout pour la lutte. Personnellement, j’ai besoin seulement de leurs encouragements. Ça me suffit.

 

Votre mot de fin pour conclure cet entretien

Je tiens à remercier surtout monsieur Hessou. C’est grâce à lui que je suis revenue aux sources, la terre de mes ancêtres ; et j’ai renoué le contact avec ma famille ici au Bénin. C’est pour la deuxième fois que j’y reviens en espace de quelques mois. Je tiens à le remercier pour tout ce qu’il fait pour la lutte.

 

 

QUESTIONS - VERITES

 

Votre meilleur souvenir

Ma première médaille d’or remportée en moins de 40 kg face à un garçon lors des championnats nationaux de Cote d’Ivoire, en 1999.

 

Votre mauvais souvenir

La finale perdue contre la congolaise lors du tournoi pré-jeux de la francophonie, à Abidjan, en janvier dernier.

 

Plat préféré

Le riz avec la sauce tomate.

 

Votre plus grand rêve

Mon plus grand rêve était de rencontrer Samuel Eto’o (l’ancien attaquant vedette des Lions indomptables du Cameroun, NDLR).  Ce que j’ai pu réaliser lors du Gala des Champions. J’étais très contente.

 

Votre principale qualité

Je suis de nature calme.

 

La faute que vous sanctionnez la plus chez l’Homme

L’hypocrisie.

 

Votre idole

Mon père.

 

Votre date d’anniversaire

Le 16 septembre 1990

 

Que représente pour vous la lutte

La lutte occupe une importante place dans ma vie, la première. Tout le reste vient après.

 

Votre passe-temps favori

Écouter la musique, toute sorte. Zouglou, coupé-décalé, musique douce…

J’écoute aussi la musique béninoise, les artistes comme Zeynab Habib, Dibi Dobo.

 

Votre couleur préférée

J’aime deux couleurs : le blanc et le noir. Ces couleurs opposées incarnent ce que je suis.

 

Votre animal préféré

C’est l’éléphant.

 

 

Propos recueillis par Sêtondé Larios Adjagbénon

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Site "Jipsports", Date de la 1ère Publication : Mardi 25 Avril 2017 (21h57)

 
 

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